Les Personnages

Antoine San-Antonio


Le commissaire a plusieurs casquettes : commissaire donc, mais aussi agent secret, directeur de la police, romancier (San-Antonio écrit les romans dont il est lui-même le héros). On apprend très peu de choses sur lui en lisant ses aventures. Prénommé Antoine, du signe Cancer ascendant Sagittaire, il a suivi ses études secondaires au lycée de Saint-Germain-en-Laye. Anticonformiste doublé d'un bourgeois aux goûts de luxe affichés (toujours bien habillé et amateur de belles voitures dont il cite les marques), mais sans goût prononcé pour l'argent facile. Il a au contraire une grande honnêteté, de la probité, et refuse de profiter personnellement des situations. Il réside à certaines époques au 103 rue de l'Église, à Neuilly-sur-Seine, adresse fictive (cette rue se terminant au numéro 30), et que l'on découvre dans le roman Des clientes pour la morgue (n° 7, juin 1953). À d'autres époques, il vit dans le pavillon de sa mère, à Saint-Cloud.
Physiquement, on ne sait pratiquement rien de lui sauf qu'il est brun et qu'il pèse 90 kilos. Tous les autres détails manquent, varient ou se contredisent au gré des aventures. Certaines couvertures des romans lui donnent un visage d'homme racé et fort. Il est incarné à l'écran par Gérard BarrayPhilippe Gasté et par Gérard Lanvin.

Félicie

Elle fait une furtive apparition, dès Réglez-lui son compte (n° 1, 194942). C'est la mère de San-Antonio, qu'il adore. Vieille dame douce et attentionnée, veuve depuis l'âge de 32 ans, Félicie est toujours là quand il passe la voir dans son pavillon de Saint-Cloud. Elle lui prépare des petits plats (San-Antonio adore les cornichons dans la blanquette) et s'occupe d'Antoine, dit Toinet, leur fils adoptif, dont le père naturel, Wladimir Kelloustik, a été tué avec sa femme lors d'un règlement de compte entre truands. Félicie est un personnage composite, largement inspiré de Joséphine et de Claudia, dite « Bonne maman », respectivement mère et grand-mère paternelle de Frédéric Dard.

Antoine (Toinet)

Le fils adoptif de San-Antonio, qui le découvre bébé dans Moi, vous me connaissez ? (n° 76, 1971). Il est le fils naturel d'un truand, Wladimir Kelloustik. Le père et la mère de Toinet (son prénom est vraiment Antoine) meurent au cours de cette enquête. San-Antonio le ramène à Saint-Cloud. On peut penser que c'est Félicie qui l'a adopté. Au fil du temps, il suit les traces de son père, et développe aussi des talents de fin limier et de séducteur.

Alexandre Benoit Bérurier


Article détaillé : Bérurier.




Berthe Bérurier


L'épouse de Bérurier, Berthe (initiales : B.B.), est aussi un personnage important. Elle affiche plus de 100 kilos sur la balance. Berthe ne cache pas son appétit pour la bonne chère et la bonne chair, à l'instar de son mari. Elle a toujours eu un faible pour San-Antonio. Parfois, c'est elle qui mène l'enquête. Son nom de jeune fille est Berthe Zifolard43 ou Berthe Poilfout44. Son appétence sexuelle n'a d'égale que celle de son mari. Dans Béru-Béru (1970), elle goûte même les plaisirs de la chair avec un gorille.




César Pinaud

César Pinaud apparaît en 1954, dans Deuil express (n° 13). C'est un inspecteur chétif, radoteur et sénile (il a 56 ans45), qui résout néanmoins certaines énigmes en dépit de (ou grâce à) son allure de « débris ambulant ». Ses capacités de déduction seront particulièrement utiles à San-Antonio dans Béru-Béru. Son nom serait inspiré de celui du libraire-soldeur chez qui Armand de Caro aurait déniché Réglez-lui son compte !
César Pinaud fera fortune dans la suite de la série en permettant à un fabricant d'après-rasage de tripler ses ventes grâce à une idée simple. Il continuera néanmoins à travailler dans la police, mais avec un train de vie fastueux : Rolls avec chauffeur pour aller au boulot, escort girls à gogo...
Sa femme s'appelle Geneviève ou Marthe, selon les livres. Elle est toujours malade.
Pinaud est affublé de nombreux surnoms :
  • l'Amère Loque
  • l'Ancêtre
  • l'Ancien
  • la Baderne
  • Baderne-Baderne
  • le Bêlant
  • la Bourrique
  • le Branlant
  • la Bredouille
  • la Breloque
  • la Brindille
  • le Chétif
  • le Cloporte
  • le père La Coquille
  • le vieux Crabe
  • le Cradingue
  • le Débris
  • le Décadent
  • le Déclaveté
  • le Déglingué
  • le Déjeté
  • le Détritus
  • le Dévissé
  • le Disloqué
  • l'Epave
  • le Flegmatique
  • le Fluet
  • le Fossile
  • la Gatoche
  • le Gisant
  • Gras d'Os
  • la Guenille
  • l'Homme Fossile
  • l'Impondérable
  • le Laconique
  • la Limace
  • la Loque
  • Mathusalem
  • la Momie
  • la Navrance
  • le Nénuphar fané
  • Pépère
  • Pinaucul
  • la Pine
  • Pinoche
  • Pinuche
  • Pinuchet
  • le Plaintif
  • le Préhistorique
  • la Relique
  • le père Sac-d'Os
  • le Sage
  • le Sinistré
  • le Vénérable
  • le Vestige
  • la Vieillasse
  • le Vioque

Mathias

Mathias, dit aussi « la torche », « le rouillé », « le rouquemoute », « le brasero », etc., du fait de sa flamboyante chevelure rousse (« son incendie de forêt portatif »), est fonctionnaire de police, directeur des services techniques de la police et spécialiste des investigations scientifiques. Il est dans un premier temps un ami respectueux de San-Antonio. Puis sa jalousie le conduit à se brouiller avec le commissaire pendant plusieurs aventures. Enfin, il se réconcilie avec lui. Marié à Angélique, une mégère bigote et aussi acariâtre que squelettique, il est père d'une douzaine d'enfants légitimes.

Marie-Marie

Elle apparaît pour la première fois dans Viva Bertaga ! (n° 69, 1968), le livre dont Berthe est l'héroïne. Nièce de Bérurier (du côté de sa femme), elle participe parfois aux enquêtes de son oncle et tuteur. Elle parle avec autant de verdeur que ses aînés, notamment en télescopant les mots et en escamotant les consonnes finales et les voyelles (« V'là! V'là! Qui c'est qui m'appelle? Ah! c'est toi, m'n'onc! [...] Ben, mes vaches, v's'en n'avez mis du temps pour venir me récupérer. 'Reusement qu'à z'eu des braves gens, 'trement je passais la nuit en forêt! » [Béru-Béru, II, 8]). Elle appelle d'ailleurs généralement San-Antonio « Santonio ».
Orpheline au visage plein de taches de rousseur et aux cheveux tressés (San-A la surnomme « Miss Tresses »), elle ne cache pas son amour pour le commissaire, et ce dès sa plus tendre enfance. Le commissaire et Marie-Marie deviennent amants (Ma Cavale au Canadan° 140, 1989), puis époux dans les tout derniers romans (la décision est prise dans Papa, achète-moi une pute ! n° 139, 1989), et ils auront une petite fille (Antoinette). Son surnom est très souvent « la Musaraigne ».

Achille

Directeur de la Police française, c'est le chef de services qu'on imagine secrets, sans plus de précision. Bien qu'Achille soit présent dans la série pendant plus de 45 ans (de 1949 à 1995), l'auteur n'a jamais approfondi la description du personnage, le laissant perpétuellement dans l'ombre. Il apparaît physiquement dans Mes hommages à la donzelle (n° 41952). Archétype du responsable sévère, la plupart du temps juste, « chauve comme un flan à la vanille46 », flegmatique, racé, « classieux », voire élégant, mais vaniteux aux dires même du commissaire San-Antonio. Il ne connaît et n'aime qu'une unique voiture : la Rolls-Royce, mais ne sait pas conduire, n'a jamais souhaité apprendre, et se fait conduire par son valet et chauffeur anglais (embauché dès la fin de la guerre, au moment de l'achat de la voiture) pour ses moindres déplacements. Surnommé « le Vieux »« le Dabe »... il aime San-Antonio au point de le considérer de temps à autre (et très souvent pour l'amadouer, quand San-Antonio se rebelle) comme son fils spirituel. Il le nomme même très souvent « mon fils ».
Son seul vrai défaut : s'attribuer face au ministre et au Président les succès de San-Antonio, au mépris de celui-ci et sans le moindre scrupule, ce qui irrite profondément le commissaire. À tel point que celui-ci lui présentera deux fois sa démission, dans la série.
Sa marotte : il nomme toutes ses maîtresses « Mademoiselle Zouzou ». Sa boisson préférée est le bloody mary, boisson d'hypocrite selon San-Antonio, qui en consomme néanmoins dans certains opus, avec beaucoup de vodka.

Jérémie Blanc

Inspecteur de police, l'un des principaux auxiliaires de San-Antonio. Devenu policier grâce à l'appui du commissaire, Jérémie Blanc est un ancien employé de la voirie de la ville de Paris. D'origine africaine, il est décrit comme grand et athlétique, à la peau très sombre. Il est brillant, vif d'esprit et cultivé. Première apparition dans La Fête des paires (n° 128, 1986). Bien qu'éperdument amoureux de sa femme Ramadé, il n'hésite pas à faire de petits écarts de conduite, au fil des enquêtes menées avec San-Antonio.

Alfred

Bérurier est régulièrement cocufié par (entre autres) l'ami du couple, le coiffeur Alfred, ce qu'il feint d'ignorer.

Hector

Cousin détesté de San-Antonio, que celui-ci ne supporte que pour faire plaisir à Félicie. Archétype du fonctionnaire aigri. Il décide néanmoins un jour, en raison de soucis avec son supérieur, de démissionner et de monter une agence de détectives privés avec Pinaud, la « Pinaudère Agency Limited » (Fleur de nave vinaigretten° 48, 1962).

Monsieur Félix

Félix Legorgeon, professeur et misanthrope de son état, mis à la retraite anticipée à quelques mois de la retraite (il ne pouvait se retenir d'exhiber en classe un sexe dépassant en longueur celui déjà phénoménal de Bérurier). Il apparaît de façon plus épisodique que les autres personnages, mais il lui arrive souvent de jouer un rôle actif dans ces histoires.